Samedi 19 juin 2010 6 19 /06 /Juin /2010 12:03

Splice.

 

Lorsque j'ai pour la première fois vu la bande annonce, je me souviens avoir été prise d'un malaise. En voyant le film, ce malaise s'est transformé, a évolué, j'irai même jusqu'à dire qu'il s'est "digivolvé"...

 

Splice raconte l'histoire de deux scientifiques (dont le très apprécié Adrian Brody) faisant des expériences à la limite de la morale sur des créatures hybrides nées du mélange d'ADN de plusieurs espèces. Baptisées Ginger et Fred, ces deux sortes de larves au design proche de la "créature" d'ExistenZ sont montrées au début du film comme poétiques...Un effet qui marcherait sans doute si la salle d'un commun accord n'avait pas explosé de rire devant leur apparence si ...phallique. 

Donc nous voici en compagnie d'un labo portant le nom de N.E.R.D (grand sourire), ainsi que de deux scientifiques que l'appât de la création va mener de manière irréversible aux frontières de la raison. En effet, une fois ces deux créatures créées, (sur fond de prétexte scientifique, guérir le cancer tout ça...) quoi de plus naturel que de passer à l'étape suivante en injectant de l'ADN humain dans cette cellule du mal, puis de la féconder et de la faire se développer artificiellement dans un utérus en plastique.

 

FC APPRVD RL1 7

 

Ici je reviens encore une fois sur ExistenZ et sur la limite floue entre organisme artificiel et réel, ou du moins modifié, mais on retrouve également du Alien à la pelle, et même un peu de La Mutante dans la conception accélérée et étrange de la grossesse. Ainsi, Adrian et sa compagne enivrés par l'idée de jouer à Dieu vont créer non plus une forme larvaire destinée à la science mais bel et bien une femme hybride aux capacités mystérieuses.

 

Dans un premier temps de l'apparence d'un rongeur, cette créature nommée Dren (nerd en verlan, représente.) va ensuite grandir et développer un buste et un visage d'apparence humaine (avec les yeux néanmoins écartés mais pas à cause du même gène...) tout en gardant ses mains à 4 doigts et ses pattes de...de...de monstre en fait. Mais jugez plutôt : 

FC_APPRVD_RL5_4.jpg

 

Alors je sens bien l'oeil du lecteur attentif qui frémit et frétille en pensant "jusqu'à présent rien de très malsain"... En effet, jusqu'à présent Splice reste soft, très soft même, avec une expérience qui va certes trop loin mais qui reste encore sous contrôle...C'est après que tout se gâte. 

Ne voulant pas spoiler la suite des festivités car il serait bien dommage de gâcher cette escalade vers la violence et vers le malaise, je me contenterai juste de dire que tout s'accélère dès la puberté de Dren. Une progression sur fond d'inceste et de transfert, Elsa la femme de Clive considérant Dren non pas comme une création à maintenir sous contrôle mais comme sa propre fille...Et Adian Brody voyant surtout en elle son incroyable ...souplesse...

 

plice1.gif

 

En bref, Splice est un film à la photographie très intéressante, au rythme lent et sous tension, qui manque cependant légèrement de plans contemplatifs dans les passages les plus poétiques de l'histoire. Une dégénérescence qui a le mérite de toujours aller plus loin sans montrer signe de faiblesse. Une sensation continue de "non...ils vont quand même pas???" assortie de rebondissements parfois too much. Cependant un film aussi bizarre qui plus est réalisé par monsieur Cube : Vincenzo Natali, ça ne se rate pas. c'est un peu comme faire un jogging le dimanche matin. On y va à reculons, on en ressort pas forcément mieux mais on peut au moins se dire qu'on a tenu jusqu'au bout sans vomir sur le trottoir.

 

splice2.gif

 

Par Salomé
Ecrire un commentaire - 9 commentaires passionnants
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés